L’excès de « mauvais cholestérol », un facteur de risque cardiovasculaire

Le cholestérol est une molécule essentielle à notre organisme, mais l'excès de mauvais cholestérol peut se déposer dans la paroi des vaisseaux et être à l'origine de maladies cardiovasculaires ou même d'un décès brutal. Nous ne sommes pas tous égaux face aux taux de cholestérol, qui sont sensibles à la fois à notre génétique, mais aussi à notre style de vie.

Vaisseaux sanguins

Il a été démontré que baisser le taux de « mauvais cholestérol » contribuait à faire baisser le risque et la mortalité cardiovasculaires. Un taux trop élevé de LDL Cholestérol, ou hypercholestérolémie, est donc source de maladies et de décès cardiovasculaires1. Il est aussi important de comprendre que ces maladies sont également sources d’handicaps sévères2.

L’OMS estime qu’une baisse de 10% de cholestérol chez un homme de 40 ans permettrait une réduction de 50% de maladies cardiovasculaires sur un horizon de 5 ans3.

Du taux de cholestérol élevé aux accidents cardiovasculaires : focus sur la formation des plaques d’athérome

En fonction de la manière dont votre organisme dégrade le LDL-C et de la teneur en cholestérol de votre alimentation, le cholestérol peut s’accumuler dans le sang et former des amas graisseux de cholestérol dans la paroi de vos artères. Ces amas, également appelés plaques d’athérosclérose (ou plaques d’athérome), furent pour la première fois identifiées à la surface de l’aorte, par des pathologistes allemands au 19ème siècle4.

Artère bouchée par des Plaques d'athéromes
 

 

Ces plaques se forment au niveau des parois des artères, s’épaississent, durcissent et progressivement rétrécissent leurs diamètres5, 7.

Parfois, la plaque se fissure, ce qui provoque comme une « blessure de l’artère », et du sang coagule à sa surface, pour la colmater. Il peut alors se former un caillot, qui risque aussi de boucher vos artères. On parle soit de caillot sanguin soit de thrombus8.

Au final, ces plaques ou ces caillots, risquent de provoquer des accidents cardiovasculaires brutaux. Notez que ces anomalies sont totalement silencieuses, et que sans analyses sanguines, vous ne sentirez pas de « symptômes » d’un taux élevé de cholestérol sanguin ou de création d’amas/caillots.

Lorsque l’accident survient, bien souvent la maladie est déjà à un stade bien avancé. La prévention est donc primordiale pour éviter ces événements ou leur récidive.

En fonction du lieu de l'obstruction, on distingue trois types d'accidents cardiovasculaires2 :

Les accidents vasculaires cérébraux (AVC), ou attaques cérébrales : lorsqu’une artère crânienne est touchée.
Les infarctus du myocarde, ou crises
cardiaques :
le cœur est soudainement peu ou pas alimenté en sang, une artère coronaire est touchée.
Les artérites des membres inférieurs (AOMI) : si une artère de vos jambes est touchée.

A noter :

Le cholestérol peut également créer des calculs biliaires (environ 80 à 95% des calculs sont composés de cholestérol, le reste étant composé de calcium)5.

Ainsi, il a été démontré que les personnes présentant des tendinites ont, en général, un taux de LDL-C plus élevé dans le sang. Plus spécifiquement, les personnes souffrant d’Hypercholestérolémie Familiale sont plus à risque de souffrir de douleurs aux tendons, à cause des excès de cholestérol à ce niveau. Ces dépôts portent le nom de xanthomes6.

Dans les pays industrialisés, 1 décès sur 4 est dû à des artères endommagées par des plaques d’athérome et la majorité sont des crises cardiaques4.

Le médecin peut vous prescrire des examens complémentaires afin d’évaluer l’état de vos artères

Nous avons vu dans la section précédente comment mesurer ses taux de cholestérol, via les bilans lipidiques. Sachez que d’autres analyses permettent d’évaluer l’état de vos artères5.

En effet l’écho-doppler permet d’évaluer l’état des artères tels que les artères carotides au niveau du cou, des artères des membres inférieurs.
L’échographie cardiaque, permet d’évaluer l’état des gros troncs de l'aorte, mais pas des coronaires.

Votre médecin peut également vous prescrire :

  • Un test d’effort : une épreuve d’effort qui consiste à enregistrer des paramètres cardiologiques durant un effort. Les paramètres mesurés sont le pouls, la tension artérielle, et surtout l’électrocardiogramme. L’enregistrement peut en effet montrer l’apparition d’un trouble du rythme du cœur, et surtout un signe de souffrance du muscle cardiaque.
  • Un scanner ultrarapide : pour détecter des dépôts de calcium, prédictifs de plaques d’athérome dans vos artères5.
  • Une coronographie ou une angiographie : seulement dans le cas de symptômes de crise cardiaque. Un cathéter (petit tube) est alors inséré dans une artère pour envoyer un produit de contraste. Si ce produit est ralenti ou stoppé, alors cela est le signe de la présence d'un rétrécissement ou d'une obstruction sur une artère5.
  • Une scintigraphie myocardique : peut-être pratiqué dans certains cas selon les indications, afin de mesurer l’état de la perfusion myocardique.
  • Une IRM cardiaque : peut-être pratiqué et donne à la fois des informations sur l’anatomie du cœur (taille d’un infarctus, maladies du muscle cardiaque) et sur son fonctionnement (débit, oxygénation).
  • L’artériographie : nécessite l’injection dans les artères d’un produit opaque aux rayons X de manière à pouvoir bien visualiser l’ensemble du réseau artériel, des membres supérieurs, des membres inférieurs et des artères de la tête.
Test de l'effort
 

 

Quelles sont les causes d’un taux élevé de « mauvais cholestérol » ?

Il existe 4 causes principales d’un taux élevé de « mauvais cholestérol »2, 5, 7 :

  • L’environnement : une alimentation trop riche en « graisses saturées » : effectivement, une consommation excessive de « cholestérol alimentaire », provenant de graisses d’origine animale (produits laitiers gras – viandes – œufs), augmentent le taux de LDL Cholestérol.
  • Un terrain génétique favorable : en effet, quelques mutations ont été identifiées comme ayant un impact sur l’élimination du cholestérol. Il n’y a pas « un » gène unique qui nous rendrait malade ou pas malade, mais plutôt un environnement génétique qui nous rendrait plus ou moins vulnérables, on parle alors d’hypercholestérolémie polygénique.

    Dans d'autres cas, c'est parce que le nombre de récepteurs au LDL-C est diminué ou presque nul que le foie ne parvient pas à capturer les particules de LDL-C circulantes pour les éliminer. Les enfants atteints par cette forme d'Hypercholestérolémie Familiale sont donc, dès leur plus jeune âge, exposés à un risque accru d'événements cardiovasculaires précoces.

  • Certaines maladies peuvent aussi favoriser la production de « mauvais cholestérol », comme des maladies des reins, du foie, de la thyroïde, ou encore, le diabète.
  • Les effets secondaires de certains médicaments, comme la pilule (contraceptif oral) ou la cortisone. A noter : une anomalie du taux de « mauvais cholestérol » est souvent découverte lors de contrôle de routine liée à la prise de ces médicaments, par exemple, par votre gynécologue lors de l'instauration d'un traitement contraceptif.

Plus d’informations sur l’hypercholestérolémie familiale

Les autres facteurs de risques cardiovasculaires

Votre médecin vous a parlé de « facteurs de risques » - qu’est-ce que cela signifie ? Ce sont les facteurs qui peuvent augmenter la survenue d'un événement cardiovasculaire. L’excès de « mauvais cholestérol » est donc un facteur de risque cardiovasculaire, mais il en existe d’autres. Les principaux sont2 :

Facteurs de risque modifiables Facteurs de risque non modifiables
Hypertension artérielle Age
Diabète Sexe
Tabac Antécédents cardiovasculaires

A noter : plus de détails sur le risque cardiovasculaire à venir dans une section dédiée à venir.

Plus vous accumulez des facteurs de risque, plus votre risque cardiovasculaire est important.

Notez que l'excès de cholestérol est un facteur de risque maitrisable et qu’il est possible de le diminuer : en modifiant votre hygiène de vie, et si besoin par des traitements médicamenteux. Vous avez donc le pouvoir et la capacité de diminuer le risque lié à ce facteur.

Il a également été démontré que l’alimentation et une bonne hygiène de vie peuvent limiter les risques cardiovasculaires5.

Pour apprendre à mieux gérer votre santé cardiovasculaire (et découvrir par exemple comment faire baisser votre taux de « mauvais cholestérol »)

Références

  1. Genest J. Lipoprotein disorders and cardiovascular risk. J.Inherit. Metab. Dis. 2003; 26:267-274.
  2. European Society of Cardiology, ESC/EAS Guidelines for the management of dyslipidemias. European Heart Journal. 2011; 32:1769–1818.
  3. World Health Organization, Global Health Observatory (GHO). Raised cholesterol. Situation and trends. http://www.who.int/gho/ncd/risk_factors/cholesterol_text/en/
  4. Brown M-S., Goldstein J-L. A Century of Cholesterol and Coronaries: From Plaques to Genes to Statins. Elsevier Inc. 2015; 161:161-164.
  5. Bruckert E., Graf M., Rinzler C-A. Contrôler son cholestérol pour les nuls. Editions First Gründ._2010; 17-200.
  6. Cook J-L., Docking S-I., Gaida J-E., Tilley B-J. Is higher serum cholesterol associated with altered tendon structure or tendon pain? A systematic review. Br J Sports Med. 2015; 0: 1-5.
  7. Fédération Française de Cardiologie : Cholestérol -Agir contre le cholestérol pour réduire les risques cardiovasculaires. 4-8.
  8. Cuzin E., Danchin N. La crise cardiaque : avant, pendant, après. Edition BELIN. 2004; 33-62.